l’histoire d’une grande orfèvrerie belge
Wiskemann occupe une place particulière dans l’histoire de l’art de la table belge. Contrairement aux maisons principalement connues pour des pièces d’apparat, son développement est étroitement lié aux restaurants, hôtels et grandes collectivités.
De Bruxelles à l’international
Otto-Léonard Wiskemann (1852-1909) s’installe à Bruxelles en 1872 et se spécialise dans la fabrication d’objets en métal blanc argenté destinés notamment à l’hôtellerie.
Vers 1890, la maison développe un nouvel atelier bruxellois. Après la mort du fondateur, ses fils Otto et Albin poursuivent l’entreprise. Wiskemann connaît alors une forte expansion, avec des implantations ou points de vente en Belgique mais aussi à Zurich, Milan, Nice et Paris. Une importante usine est ensuite installée à Forest.
Cette clientèle professionnelle explique la diversité des pièces que l’on rencontre aujourd’hui : cafetières, théières, chocolatières, plateaux, légumiers, saucières, coupes, couverts, seaux, plats et accessoires de service.
Métal argenté, argent massif et acier inoxydable
Une pièce Wiskemann n’est pas nécessairement en argent massif. La maison devient particulièrement importante dans le domaine du métal argenté, qui permet de produire des objets résistants possédant l’apparence de l’argenterie.
Elle joue également un rôle précoce dans l’histoire de l’acier inoxydable : Wiskemann produit dès 1924 des articles de cuisine et de table en acier inoxydable 18/8, soit un alliage contenant environ 18 % de chrome et 8 % de nickel.
C’est un point intéressant : l’histoire de Wiskemann n’est donc pas celle d’une maison ayant simplement opposé « ancien » et « moderne ». Elle montre au contraire comment l’orfèvrerie s’est adaptée à de nouveaux matériaux et aux exigences de la restauration professionnelle.
Pourquoi rencontre-t-on autant de Wiskemann ?
La production destinée aux hôtels et restaurants était souvent importante. Certaines pièces portent ainsi des chiffres, monogrammes, armoiries ou noms d’établissements.
Une cafetière ou un plat Wiskemann peut donc renseigner autant sur l’histoire d’une entreprise que sur l’histoire de l’orfèvrerie belge.
L’identification doit toujours tenir compte des poinçons et du matériau. L’état de l’argenture est également important : les zones les plus manipulées bordures, anses, reliefs peuvent révéler le métal sous-jacent lorsque la couche d’argent s’est usée.
Pour une galerie bruxelloise spécialisée dans l’art de la table, Wiskemann constitue ainsi une maison particulièrement intéressante : elle relie orfèvrerie belge, histoire de l’hôtellerie et évolution technique de la vaisselle professionnelle.
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