Wolfers frères

Publié le 17 juin 2026 à 20:35
Candélabres art nouveau Wolfers

Wolfers Frères et Philippe Wolfers : l’orfèvrerie bruxelloise entre Art nouveau et Art déco

L’histoire de Wolfers est indissociable de Bruxelles.

La famille, originaire d’Allemagne, s’installe dans la capitale belge au début du XIXe siècle. En 1852, Louis Wolfers dépose son poinçon de maître représentant une tête de sanglier surmontée de la lettre W. En 1886, la maison ouvre un magasin dans les Galeries royales Saint-Hubert.

 

Philippe Wolfers

La figure majeure de la dynastie est Philippe Wolfers (1858-1929).

Formé notamment à la sculpture, il devient directeur artistique de Wolfers Frères et travaille aussi bien le bijou que l’orfèvrerie, la sculpture, l’ivoire ou le cristal. Il est aujourd’hui considéré comme l’une des grandes figures de l’Art nouveau belge.

Ses créations Art nouveau utilisent volontiers des formes végétales et animales : fleurs, insectes, branches ou lignes asymétriques deviennent directement la structure de l’objet. L’intérêt dépasse donc largement le décor appliqué. Dans les meilleures pièces, la forme même d’un vase, d’une coupe ou d’une verseuse découle du motif naturel.

 

Wolfers et Victor Horta

La réussite de la maison conduit à la construction d’un nouvel établissement rue d’Arenberg.

Le magasin, conçu par Victor Horta, est inauguré en 1912. Le mobilier et l’aménagement constituaient un ensemble complet où architecture, vitrines et objets étaient pensés conjointement. Une grande partie de cet intérieur est aujourd’hui reconstituée au Musée Art & Histoire de Bruxelles. Cette association entre Wolfers et Horta illustre particulièrement bien l’idée d’« art total » qui traverse l’Art nouveau.

 

De l’Art nouveau à l’Art déco

Wolfers ne s’arrête pas au vocabulaire de 1900. Philippe Wolfers participe également aux débuts de l’Art déco belge. Son fils Marcel Wolfers (1886-1976) développe ensuite notamment la sculpture et le travail de la laque, devenant une figure importante de cette nouvelle génération.

L’histoire de Wolfers permet donc d’observer directement le passage des lignes végétales de l’Art nouveau aux formes davantage géométriques de l’entre-deux-guerres. Aujourd’hui, une pièce Wolfers peut être intéressante pour son poinçon, son créateur ou son usage, mais également parce qu’elle appartient à l’histoire artistique propre à Bruxelles.