Val Saint-Lambert : deux siècles de cristal belge
L’histoire du Val Saint-Lambert commence en 1826 dans les bâtiments d’une ancienne abbaye cistercienne située à Seraing, près de Liège.
Deux anciens collaborateurs de la verrerie de Vonêche, le chimiste François Kemlin et l’ingénieur Auguste Lelièvre, choisissent le site pour y installer une nouvelle cristallerie. Le premier four est allumé en juin 1826. La proximité de la Meuse, des voies de communication, de matières premières et d’une main-d’œuvre qualifiée favorise rapidement son développement.
Une industrie belge majeure
Dès 1841, le Val Saint-Lambert obtient une médaille d’or à l’exposition des produits industriels belges de Bruxelles. La seconde moitié du XIXe siècle voit la production croître fortement. La manufacture travaille aussi bien le verre de table que les vases, coupes, carafes, objets décoratifs et pièces monumentales.
Un tournant important intervient à l’Exposition universelle d’Anvers de 1894, où les tailles géométriques complexes de la manufacture rencontrent un important succès international. La même année est réalisé le spectaculaire Vase des neuf provinces, haut de 2,25 mètres, pesant environ 200 kg et composé de 82 éléments.
Le cristal doublé
L’une des techniques particulièrement associées au Val Saint-Lambert est celle du cristal doublé. Une couche de cristal coloré est superposée au cristal clair. Le tailleur enlève ensuite certaines parties de cette couche colorée afin de faire réapparaître le cristal transparent situé dessous.
Le contraste entre couleur et transparence devient ainsi directement partie du décor. Cette technique explique le caractère spectaculaire de nombreux vases, coupes et carafes de la manufacture.
Une production très diverse
Le Val Saint-Lambert ne produit pas uniquement des pièces décoratives. Des séries importantes de verres à vin, verres à eau, coupes à champagne, carafes, brocs et services de table sortent également de la manufacture.
L’identification d’une pièce ancienne doit cependant rester prudente. La présence d’une taille géométrique ou d’un cristal coloré ne suffit pas à attribuer automatiquement une pièce au Val Saint-Lambert. Il faut examiner la signature, les éventuelles étiquettes, le modèle, les proportions et comparer l’objet à des productions documentées.
Aujourd’hui encore, la manufacture poursuit la production de cristal en Belgique et revendique la continuité de techniques artisanales tout en travaillant également avec des créateurs contemporains.
Pour la Galerie Saint-Michel, le Val Saint-Lambert possède évidemment un intérêt particulier : il associe l’histoire de l’art de la table à celle du patrimoine industriel belge.
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