Les différents types de porcelaine

Publié le 5 septembre 2026 à 13:43
Les différents types de porcelaine

De la Chine à l’Europe : une histoire mondiale de la porcelaine

La porcelaine est aujourd’hui tellement associée aux services européens qu’il est facile d’oublier qu’elle constitue d’abord une innovation asiatique.

Son histoire raconte plusieurs siècles d’échanges commerciaux, d’imitations techniques et d’influences artistiques entre Chine, Corée, Japon, Moyen-Orient et Europe.

 

La Chine et la maîtrise de la porcelaine

La porcelaine véritable apparaît en Chine au terme d’une longue évolution des techniques céramiques. L’un de ses principaux centres devient Jingdezhen, dans la province du Jiangxi. Ses fours fonctionnent pendant plus d’un millénaire et produisent notamment les célèbres porcelaines bleu et blanc qui influenceront les céramistes du monde entier.

Sous les dynasties Yuan puis Ming, le cobalt peint sous la glaçure devient particulièrement important. Les règnes Yongle et Xuande, au début du XVe siècle, comptent parmi les grandes périodes de la porcelaine bleu et blanc de Jingdezhen. La porcelaine chinoise n’est cependant pas limitée au bleu et blanc : céladons, émaux polychromes, rouge de cuivre, monochromes et décors peints constituent un univers beaucoup plus vaste.

 

Corée : la porcelaine blanche des Joseon

En Corée, la dynastie Joseon (1392-1910) développe une importante tradition de porcelaine blanche. Au XVe siècle, des fours liés à la cour sont établis à proximité de la capitale. Le blanc devient progressivement une esthétique dominante, parfois laissé sans décor, parfois peint au cobalt, au fer ou au rouge de cuivre.

Les célèbres Moon Jars, grands vases blancs presque sphériques produits notamment au XVIIIe siècle, appartiennent à cette tradition. L’esthétique coréenne montre ainsi qu’une porcelaine prestigieuse n’a pas nécessairement besoin d’un décor abondant.

 

Japon : Arita, Imari et l’exportation

La porcelaine japonaise se développe plus tardivement. Au XVIIe siècle, les fours d’Arita deviennent un centre majeur. Les porcelaines sont transportées notamment par le port d’Imari, d’où l’usage européen du terme « Imari » pour certaines productions.

Lorsque les troubles politiques chinois perturbent les exportations au milieu du XVIIe siècle, les marchands néerlandais se tournent vers le Japon pour alimenter le marché européen. Certaines porcelaines japonaises sont même réalisées spécifiquement pour l’exportation : formes européennes, décors adaptés aux goûts occidentaux ou modèles fournis par les marchands hollandais.

 

L’Europe découvre « l’or blanc »

À partir du XVIe siècle puis surtout du XVIIe, la porcelaine asiatique arrive en quantités croissantes en Europe. Les Portugais figurent parmi les premiers Européens à commander directement des pièces chinoises adaptées à leurs besoins. Ils sont ensuite dépassés commercialement par les Hollandais. Au XVIIe siècle, des millions de pièces chinoises circulent progressivement vers l’Europe.

Cette porcelaine possède des propriétés que les potiers européens peinent à reproduire : blancheur, finesse, dureté, translucidité et faible porosité. 
Pendant longtemps, sa composition reste mystérieuse.

 

Meissen et la première porcelaine dure européenne

La rupture survient en Saxe. Les recherches de Johann Friedrich Böttger, associées notamment à celles d’Ehrenfried Walther von Tschirnhaus, aboutissent au début du XVIIIe siècle à la fabrication de porcelaine dure européenne.

 

La manufacture de Meissen est fondée en 1710 sous le patronage d’Auguste le Fort. Elle devient la première manufacture européenne à produire durablement une véritable porcelaine dure. Les premières productions européennes imitent naturellement les porcelaines chinoises et japonaises avant de développer leurs propres décors et formes.

 

Sèvres, Limoges et la diffusion européenne

La France produit d’abord différentes porcelaines tendres. La découverte de kaolin à proximité de Saint-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin, au XVIIIe siècle permet ensuite le développement de la porcelaine dure française. La première manufacture de Limoges est créée en 1771. Au XIXe siècle, la région devient l’un des principaux centres porcelainiers européens.

 

D’autres centres se développent parallèlement : Sèvres en France, Vienne en Autriche, Berlin en Prusse, Tournai dans les Pays-Bas autrichiens puis de nombreuses manufactures britanniques. La porcelaine européenne naît donc à la fois d’une recherche technique et de plusieurs siècles de fascination pour l’Asie.

 

 

Comprendre cette histoire aide aujourd’hui à lire les objets : une assiette européenne décorée de fleurs chinoises, une pièce Imari destinée à l’exportation ou une porcelaine de Meissen du XVIIIe siècle appartiennent toutes à la même longue circulation des formes et des techniques.

Depuis 1975, la Galerie Saint Michel fait vivre l'histoire de ces pièces à Bruxelles. N'hésitez pas à nous contacter pour toute question. 

Créez votre propre site internet avec Webador