Sur de nombreuses pièces anciennes en argent ou en métal argenté apparaissent de petits symboles parfois difficiles à remarquer au premier regard. Ces marques discrètes, appelées poinçons, constituent pourtant l’une des clés les plus précieuses pour comprendre l’histoire d’un objet.
Un poinçon peut révéler beaucoup d’informations : la nature du métal, la ville de fabrication, l’époque, le titre de l’argent (pourcentage d'argent présent dans l'alliage) ou encore l’appartenance à une grande maison ou une ville de fabrication précise. un plateau, au dos d’une cuillère, sur le pied d’un chandelier ou près de l’anse d’une théière, ces petites marques racontent souvent une histoire bien plus riche qu’il n’y paraît.
En France, certains poinçons officiels existent depuis l’Ancien Régime afin de contrôler la qualité des métaux précieux. La célèbre tête de Minerve, par exemple, permet d’identifier de nombreuses pièces en argent massif françaises à partir du XIXe siècle. D’autres marques indiquent le poinçon de maître, c’est-à-dire la signature de l’orfèvre ou de l’atelier ayant réalisé la pièce.
Les grandes maisons d’orfèvrerie, telles que Christofle, Ercuis, Puiforcat, Odiot, Wolfers ou Wiskemann, ont également développé leurs propres signatures. Ces marques sont devenues des repères essentiels pour les collectionneurs et les amateurs d’argenterie ancienne.
Observer les poinçons, c’est aussi comprendre que chaque objet ancien a connu un parcours. Une ménagère, une timbale, une saucière ou un plateau n’est pas seulement une pièce décorative : c’est un objet fabriqué dans un atelier, contrôlé, vendu, utilisé, entretenu puis transmis.
Les poinçons ne remplacent pas le regard d’un professionnel, mais ils constituent souvent le point de départ d’une véritable enquête. Ils invitent à prendre le temps de regarder l’objet autrement, à le retourner, à en examiner les détails et à découvrir ce qu’il peut encore révéler.
En règle général, le métal argenté est poinçonné jusqu'à 100 ce qui signifie la quantité d'argent utilisée (exprimée en gramme) pour la fabrication d'une pièce ou d'une série. L'argent commence à 800/1000 pour monter ensuite jusqu'à 975/1000 au maximum, seuls les lingots sont purs à 99,99% étant donné la malléabilité excessive du métal précieux qui l'empêcherait d'être utilisé sinon.
Cette règle générale est valable communément mais de nombreuses exceptions existent et seul l'avis d'un professionnel permet parfois de distinguer l'un de l'autre.
D'autres poinçons comme la tête de lion, le léopard, l'ancre se retrouvent en Angleterre ou aux Pays-Bas par exemple et se couplent à d'autres pour exprimer une origine parfois très précise.
D'autres éléments en plus des poinçons influencent la valeur de chaque pièce, comme l'état général (griffes, bosses Etc.).
Il se peut que certaines pièces apparaissent jaunies, elles sont en fait désargentées et indique la présence de métal argenté (mise à nue du cuivre en dessous).
Le modèle joue aussi comme la manufacture ou la présence de monogrammes/gravures qui rendent difficiles la revente de certaines pièces.
À la Galerie Saint Michel à Bruxelles, nous accordons une grande importance à cette attention aux détails. Elle fait partie intégrante de notre travail de sélection et de conseil autour de l’argenterie ancienne, des arts de la table et des objets décoratifs de qualité.
Car dans l’univers des objets anciens, les plus petites marques sont parfois celles qui racontent les plus grandes histoires.
Pour tout renseignement ou expertise, n'hésitez pas à nous contacter, nous sommes spécialisés dans l'art de la table depuis 1975.