Comment fabrique-t-on une pièce d’argenterie ?
Une saucière, un plateau ou une théière peuvent sembler avoir été réalisés d’un seul bloc. En réalité, une pièce d’orfèvrerie combine souvent plusieurs opérations : mise en forme, assemblage, décoration et finition.
Les procédés varient selon l’époque, la forme et le niveau de production.
Partir d’une plaque de métal
Une grande partie de l’orfèvrerie commence par une plaque ou un flan de métal.
Traditionnellement, l’orfèvre peut lui donner du volume par martelage. Pour une pièce creuse, le métal est progressivement travaillé au marteau sur différentes formes. Chez Christofle, la tradition distingue notamment le planage pour les pièces plates et la rétreinte pour les volumes creux.
Emboutissage et tournage-repoussage
L’industrialisation apporte d’autres procédés.
L’emboutissage utilise une presse et des matrices : la plaque métallique est progressivement contrainte à prendre la forme voulue. Cette technique convient particulièrement aux plats, couverts et éléments creux.
Le tournage-repoussage, développé industriellement au XIXe siècle, permet de fabriquer des formes symétriques. Un disque de métal tourne contre un mandrin pendant qu’un outil le repousse progressivement contre cette forme. C’est une méthode particulièrement adaptée à certains corps de théières, coupes, pieds ou récipients circulaires.
Les éléments rapportés
Une théière n’est évidemment pas seulement un corps creux. Anses, pieds, boutons de couvercle et ornements peuvent être fabriqués séparément.
Pour les éléments fortement en relief, la fonte permet de couler du métal liquide dans un moule. Après refroidissement, la pièce est reprise et préparée pour l’assemblage.
L’orfèvre-monteur assemble ensuite les différents éléments. Dans les productions soignées, les jonctions doivent être aussi discrètes que possible.
Repoussé, ciselure et gravure
La décoration peut être obtenue de plusieurs manières. Le repoussé travaille le métal depuis l’arrière afin de créer un relief sur la face visible.
La ciselure travaille au contraire la surface à l’aide de petits outils frappés au marteau. Elle déforme le métal sans nécessairement en retirer. Elle permet d’accentuer une feuille, une coquille, une nervure ou les détails d’une sculpture. La gravure retire en revanche une petite quantité de matière. Un burin creuse un sillon dans le métal. Elle peut servir au décor mais aussi aux monogrammes, chiffres et armoiries.
Argent massif et métal argenté
Pour une pièce en argent massif, le matériau travaillé contient lui-même de l’argent. Dans le cas du métal argenté, le corps de l’objet est réalisé dans un autre métal avant de recevoir une couche d’argent.
Au XIXe siècle, l’argenture électrolytique transforme profondément l’orfèvrerie. Par électrolyse, une couche métallique est déposée régulièrement sur l’objet. Christofle joue un rôle particulièrement important dans le développement français de cette technique. La galvanoplastie peut également servir à créer certaines formes métalliques par dépôt électrolytique.
Polissage et avivage
Une fois mise en forme, assemblée et décorée, la pièce doit encore être terminée. Le polissage élimine progressivement les marques et irrégularités de surface. L’avivage produit ensuite l’éclat final. Pour une pièce argentée ou dorée, ces étapes peuvent intervenir avant et après le traitement de surface.
Observer une pièce d’orfèvrerie consiste donc aussi à chercher les traces de sa fabrication : martelage, jointures, fonte, ciselure, gravure ou usure d’une argenture sont autant d’indices sur la manière dont elle a été réalisée.
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