Comment fabrique-t-on la porcelaine ?
Une assiette en porcelaine n’est pas façonnée directement dans une « terre à porcelaine » prête à l’emploi.
La porcelaine dure résulte d’un mélange précis de matières minérales, façonné puis transformé par plusieurs cuissons à haute température.
Kaolin, quartz et feldspath
Une formulation classique de porcelaine dure de Limoges comprend environ : 50 % de kaolin, 25 % de quartz et 25 % de feldspath.
Le kaolin apporte notamment la blancheur et la structure de la pâte. Le feldspath agit comme fondant pendant la cuisson et participe à sa vitrification. Le quartz contribue aux propriétés mécaniques de l’ensemble.
Les matières sont broyées, mélangées à l’eau, tamisées et débarrassées autant que possible des impuretés et bulles d’air.
Plusieurs méthodes de façonnage
La même pâte peut être préparée sous différentes formes. La barbotine, très liquide, est coulée dans un moule. Le plâtre absorbe une partie de l’eau et une couche de pâte se forme progressivement contre les parois. Une pâte plus ferme peut être calibrée pour produire des assiettes ou autres pièces régulières. Le pressage permet également la fabrication de certaines formes à partir de pâte plus sèche.
Les anses, boutons et autres éléments rapportés peuvent être fabriqués séparément puis fixés avec de la barbotine.
Séchage et première cuisson
Avant la cuisson, la pièce doit sécher. Elle subit ensuite une première cuisson appelée dégourdi, généralement autour de 900 à 1 000 °C selon les procédés.
La pièce devient alors assez résistante pour être manipulée, mais reste poreuse. Cette porosité facilite l’absorption de la couverte lors de l’étape suivante.
L’émaillage
La pièce est plongée dans ou recouverte d’une suspension destinée à former une couverte vitreuse.
Cette glaçure contient notamment quartz et feldspath. Avant la cuisson, les zones qui reposent sur le support du four doivent être débarrassées de l’émail : sinon la pièce risquerait d’y rester soudée lorsque la glaçure fondra.
Le grand feu
La seconde cuisson intervient à beaucoup plus haute température.
Pour une porcelaine dure, elle peut dépasser 1 300 °C selon les compositions et les manufactures. À cette température, le corps se vitrifie profondément. C’est cette transformation qui donne à la porcelaine sa faible porosité, sa dureté et, lorsqu’elle est suffisamment fine, sa translucidité.
La cuisson provoque aussi un retrait important. Les moules doivent donc être conçus plus grands que les dimensions finales souhaitées.
Le décor
Le décor peut intervenir à différentes étapes. Certains pigments sont appliqués sous la glaçure et doivent résister aux températures élevées. Le célèbre bleu de cobalt appartient à cette tradition.
D’autres décors sont appliqués sur la glaçure après la cuisson principale : couleurs, filets, motifs imprimés ou dorure. Ils nécessitent ensuite une ou plusieurs cuissons supplémentaires, généralement à température plus basse. Une assiette décorée peut donc avoir connu plusieurs passages au four.
De la préparation des minéraux au dernier filet d’or, la porcelaine résulte ainsi d’une succession d’opérations où matière, température et décoration doivent être précisément maîtrisées.
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