Faïence ou porcelaine : quelles différences ?
Faïence et porcelaine appartiennent toutes deux à la famille des céramiques, mais leur apparence et surtout leur fabrication sont très différentes.
La distinction est importante lorsqu’on cherche à identifier une assiette, un plat ou un service ancien.
La faïence : une terre cuite recouverte d’une glaçure
La faïence européenne traditionnelle utilise une pâte relativement poreuse. Sa surface reçoit une glaçure qui la rend imperméable. Dans la faïence stannifère, particulièrement importante en Europe à partir de la Renaissance, l’ajout d’oxyde d’étain rend cette glaçure blanche et opaque. Cette surface blanche fournit alors au peintre un support permettant de réaliser le décor.
Nevers, Rouen, Delft, Moustiers ou Bruxelles développent ainsi des productions aux styles très différents.
La porcelaine est vitrifiée dans sa masse
La porcelaine dure repose au contraire principalement sur kaolin, feldspath et quartz.
Sa cuisson à très haute température transforme profondément la pâte et produit un matériau extrêmement peu poreux, dur et généralement blanc. Lorsqu’elle est suffisamment fine, la porcelaine peut devenir translucide.
La glaçure n’a donc pas exactement la même fonction structurelle que sur une faïence poreuse : le corps même de la porcelaine est déjà fortement vitrifié.
Une différence visible sur les éclats
Lorsqu’une faïence s’écaille, son corps peut apparaître plus tendre et d’une couleur différente sous la glaçure : beige, crème, jaunâtre ou rougeâtre selon l’argile utilisée.
Une porcelaine dure cassée présente au contraire généralement un corps blanc, fin et dense.Cet indice est utile, mais il n’est évidemment pas souhaitable d’endommager un objet pour le vérifier.
La translucidité
Une fine porcelaine peut laisser passer une partie de la lumière lorsqu’on la place devant une source lumineuse. Une faïence ordinaire reste généralement opaque.
C’est l’un des tests visuels les plus simples, même s’il existe suffisamment de familles de céramiques intermédiaires pour éviter d’en faire une règle absolue.
Le son ne suffit pas
On entend parfois qu’il suffit de frapper légèrement une pièce pour distinguer porcelaine et faïence.
Une porcelaine peut effectivement produire un son plus clair et plus prolongé, mais la forme, l’épaisseur, les fêles et les dimensions influencent fortement la résonance. Le son constitue donc un indice, pas une méthode d’attribution.
Et le grès ?
Le grès complique encore la comparaison. Il est lui aussi cuit à haute température et devient très peu poreux, mais sa composition et son aspect diffèrent de ceux de la porcelaine. Il est généralement opaque et peut présenter une pâte grise, beige, brune ou colorée.
Il ne faut donc pas considérer toutes les céramiques dures comme de la porcelaine.
Et la porcelaine tendre ?
L’Europe a également produit de la porcelaine tendre avant et parallèlement à la maîtrise de la porcelaine dure.
Sa composition ne repose pas sur exactement le même système kaolin-feldspath-quartz. Plusieurs manufactures européennes ont développé leurs propres recettes afin d’imiter les qualités visuelles de la porcelaine asiatique avant de maîtriser la véritable porcelaine dure. L’identification d’une céramique demande donc de regarder plusieurs éléments : pâte, glaçure, translucidité, marque, forme, technique et période.
Une assiette blanche n’est pas automatiquement en porcelaine, pas plus qu’un objet décoré en bleu ne peut être attribué simplement à Delft ou à la Chine.
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