Jardinière et pique-fleurs : le centre de table oublié

Publié le 30 septembre 2026 à 11:45
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Avant que le simple vase ne domine la décoration florale, les tables et salons européens utilisaient une grande variété de récipients spécialement conçus pour présenter les fleurs. La jardinière en est l’un des exemples les plus intéressants.

 

Qu’est-ce qu’une jardinière ?

Dans les arts décoratifs, la jardinière désigne généralement un récipient destiné à recevoir une composition végétale.

Elle peut prendre la forme d’une coupe basse et allongée, d’un bassin ovale ou rectangulaire ou d’un centre de table plus élaboré. On en rencontre en céramique, porcelaine, bronze, argent, métal argenté ou dans des associations de plusieurs matériaux.

À la différence d’un vase haut, elle permet de créer une composition plus horizontale. Sur une table, cette disposition possède un avantage évident : les fleurs décorent le centre sans nécessairement former un écran entre les convives.

Au XIXe siècle, les grandes maisons d’orfèvrerie produisent des modèles particulièrement élaborés. Christofle réalise par exemple vers 1878 une importante jardinière dessinée par Émile Reiber, mêlant surfaces dorées, argentées et patinées dans le goût japonisant alors en vogue.

 

À quoi sert le pique-fleurs ?

Le pique-fleurs complète cette fonction. Il peut s’agir d’un élément percé de trous ou équipé de pointes dans lesquelles viennent se maintenir les tiges. Placé dans un récipient contenant de l’eau, il permet de contrôler précisément l’orientation de chaque fleur.

Au lieu de réunir les tiges en un bouquet compact, on peut donc construire une composition basse et étalée. Certains objets sont conçus dès l’origine avec leur dispositif de maintien ; pour d’autres, le pique-fleurs constitue une pièce indépendante.

 

Un objet utile, pas seulement décoratif

La jardinière ancienne peut parfaitement retrouver une fonction dans un intérieur contemporain. Une composition de quelques branches, tulipes ou fleurs de saison suffit souvent. Il n’est pas nécessaire de reproduire les bouquets très chargés des anciennes tables. Une jardinière en métal argenté peut également être utilisée avec un contenant intérieur étanche afin d’éviter un contact prolongé de l’eau avec certaines parties de l’objet. Elle permet ainsi de conserver la fonction décorative d’origine tout en simplifiant l’entretien.

 

Redécouvrir les centres de table

Les jardinières rappellent surtout que l’art de la table ne se résumait pas aux assiettes, couverts et verres. Le décor central était lui aussi pensé à travers des objets spécifiquement conçus pour lui.

Ces pièces peuvent aujourd’hui redevenir particulièrement intéressantes précisément parce qu’elles sont moins attendues qu’un vase traditionnel.

 

À la Galerie Saint-Michel à Bruxelles, jardinières, centres de table et objets de présentation peuvent apparaître au gré des arrivages. Comprendre leur usage d’origine permet souvent de leur rendre une fonction plutôt que de les considérer comme de simples curiosités décoratives.

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